jeudi 11 février 2016

EPISODE 12 : bienvenue au bout du monde.



Passés les instants d’effervescence lors de l’arrivée à DC, le travail reprend ses droits.
Il nous faut en effet, chacun dans son rôle, assurer le déchargement des cargaisons et
préparer déjà le retour. Les conteneurs doivent être vidés puis remplis de nouveau
(déchets, matériel devenu inutile en fin de manip, véhicules à descendre à CPD,…).  De mon
côté, je dois m’occuper des vivres :
remplir les bidons d’eau potable (il y en a 11 de 25 L chacun !) et les transbahuter de la
source ( le RDC de la tour énergie de DC) et le magasin du raid
récupérer les cartons de repas pour le retour et les disposer dans l’ordre, dans les
caisses métalliques installées sur le balcon extérieur de la caravane vie
faire un rapide inventaire des produits courants ( vin, vinaigre, huile, pain, produits
entretien, chocolat en poudre, lait, sel, poivre) et établir une liste de commande pour le
cuisinier de DC afin d’être ravitaillé
aller faire les yeux doux à ce dernier qui sait parfois se montrer généreux pour les gens
du raid (foie gras, saumon, vin et charcuterie italiens, pain frais…)


Tout ça me prend une grosse demi journée. La suite de l’escale sera donc consacrée à la
visite de DC et différents rencontres.
J’imaginais un site assez épuré avec simplement les deux tours posées sur la neige et rien
autour. C’est profondément faux. Même si cela était le projet initial, au fildes années,
différents conteneurs, tentes, bâtiments provisoires puis définitifs ont été installés. Au
pied des tours, une série de préfabriqués accolés les uns aux autres constitue la centrale
(le bâtiment technique regroupant les générateurs, système de distribution et purification
des eaux, station de traitement des eaux usées,…).Au contraire des deux tours, sur vérin
(pour pouvoir régulièrement remonter les tours de qq mm chaque année, afin d’éviter que
les chutes de neige ne les recouvrent progressivement), ce bâtiment, pourtant
indispensable, a été oublié : il n’est pas sur pilotis et ne peut donc pas suivre le
mouvement ascendant, lent et régulier, des deux tours (oubli fâcheux lors de la
conception). Un peu plus loin se trouve la menuiserie, sous une tente chauffée. A 100 m
des tours, il existe 3 camps d’été, chacun étant une grande tente accueillant une 15aine
de lits, chauffée par un poêle à essence.
A proximité de cette zone, temporaire, on trouve la base d’été, un préfabriqué abritant
des machines à laver, une petite cuisine je crois, et quelques commodités pour les
estivants. Non loin de là est établie la zone EPICA. Cet acronyme désigne le projet de
carottage glaciaire mis en place à dôme C.Le site de Concordia a justement été choisi pour
permettre cs travaux de recherche. Ce dôme permet en effet de forer sur des milliers de
mètres de profondeur avant d’atteindre le socle continental. Ainsi, ces longues carottes
de glace offrent un aperçu précis de l’évolution du climat sur des milliers d’années. Nous
visitons donc l’atelier EPICA : une zone de travail dans un autre préfabriqué, chauffé, où
peuvent s’installer les scientifiques (bureaux, ordinateurs, coin thé/goûter et même une
mezzanine et deux lits). L’ambiance est très chaleureuse et rappelle celle d’un refuge
alpin. Quelques objets hétéroclites sont accrochés aux poutres ou aux murs, rappelant la
passion pour les glaces et les montagnes reliant les différents glaciologues : ici un
chausson d’escalade, là un vieux piolet, plus loin un poster de massifs montagneux.
Ailleurs encore quelques photos des chercheurs passés par ici. On nous sert un thé
(agréable lorsque dehors, il fait moins 45) et quelques petits gâteaux.
Un peu plus tard, les glacios nous accompagnent jusqu’à la zone du forage (à 15  m de là).
Il s’agit d’un trou, surmonté de deux planches elles mêmes abritées par un bâtiment d’une
20aine de mètres de plus grand axe. Une cabine vitrée jouxte le trou. On nous précise que
lors des forages, celle ci est chauffée et abrite les chefs, qui supervisent la
manœuvre.Sur les murs figurent plusieurs grands posters célébrant le succès des campagnes
antérieurs : un groupe de chercheurs emmitouflés de rouge (italiens) ou bleu (français)
pose en bas de photo, un grand panneau dans les bras rappelant la date et la profondeur
atteinte. Chaque année, un poster. Ici ou là on a affublé les protagonistes de moustaches,
cornes, chapeaux, on a même parfois gribouillé la tête de celui/ceux qui semblent trouver
quelques disgrâce aux yeux du plus grand nombre.

La suite très bientôt
Il est l’heure de remonter à bord des tracteurs

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire