vendredi 22 janvier 2016

EPISODE 6 500 chevaux sous le capot

- ok ! maintenant monte à 1500 tours, vitesse neutre, puis forward, 3rd
gear
- relache le clutch (embrayage)

Jeudi 21/1/16, au matin, à quelques mètres de CPD
C'est avec ces mots mélangeant français et anglais, que Nico, le chef du
raid, montre à Karen, une des conductrices (et aussi
la première femme allemande à rejoindre concordia par la piste) comment
piloter un des tracteurs MT865.
Je suis juste à côté, accroché au bord de la cabine, et
j'écoute attentivement, tout en faisant la traduction en anglais (Karen
est germano-australienne).

Ce moment est en fait l'apogée de deux jours d'excitation croissante pour
Karen, qui s'imaginait déjà au volant d'une de ces énormes machines.
Les exclamations fusent donc à coup de "I'm so excited" et de "wunderbar"
et de "Lavacheeu" avec un accent allemand.C'est encore plus cocasse le
soir quand Karen raconte sa journée à Mirko (italo allemand), qui traduit
ensuite à Vincenzo (italien) qui le redit à Laetizia (italienne qui parle
très bien français) qui l'explique en français à JLouis.

Bref nous voici donc tous les 3, juchés sur l'engin, dominant la piste, en
train de faire des ronds dans la neige.
La cabine, double vitrée, offre un beau panorama sur la base en contre
bas,  bordée par l'océan accueillant ce jour un sacré entrelacs
d'icebergs.
Nous sommes attentifs à toutes les explications de Nicolas car demain il
faudra être auotonomes puisque nous effectuerons le pré acheminement de
cuves de fioul à 60 km de CPD. Il faut retenir l'enchaînement des gestes à
effectuer, la place des différents manettes, leviers, pédales. La
signification des boutons qui parsèment çà et là le tableau de bord.
L'ensemble est digne d'un croiseur intergalactique de star wars, les
commandes sont miniaturisées, il y a des petits joysticks, des touches
rétro éclairées, des écrans d'affichage, un gps, une radio, un ordinateur
de bortd, des schémas illustrant l'état des chenilles, la qualité de leur
fonctionnement. Des compteurs numériques indiquent la temperature de
l'eau, de l'huile, de l'échappement. Des commandes pré enregistrées
permettent d'établir immédiatement le régime moteur adéquat. La boite de
vitesses,  séquentielle, possède 13 rapports en marche avant et 3 en
marche arrière.

Bref, une sacrée usine à gaz. En plus de tout ça, sur mon tracteur, une
pelle métaliique a été rajoutée à l'avant afin de niveller la piste si
nécessaire ; j'ai donc une série de commandes en plus.
Incroyable.

Et malgré ses 24 tonnes, la machine réalise des créneaux bien plus
facilement qu'une voiture, ses chenilles lui permettant de pivoter sur
place.
Aujourd'hui ont donc lieu les quasi-derniers préparatifs du raid : celui
ci débutera en effet samedi soir/dimanche matin. Vendredi c'est le pré
acheminement donc une journée complète de pilotage. Samedi on boucle les
derniers sacs, je range ma pharmacie avec l'ultime commande récupérée ce
jour à DDU.
L'organisation du convoi a été finalisée, précisant l'ordre des machines,
leur attelage, leurs conducteurs.

De mon côté j'ai également étudier certaines recettes de cuisine que je
pourrai préparer pendant le raid (en plus ou  à la place de tous les menus
déjà élaborés par les cuisiniers de cpd et ddu qui permettent de couvrir
toutes les journées du raid). J'ai l'espoir de cuisiner une fondue
savoyarde, une mousse au chocolat, une tarte au citron meringuée, une
raclette (pas au cours du même repas je pense). On prépare aussi notre
stock de musique, livres audio, thermos de thé, grignotages, oreillers
pour bien s'installer dans la cabine ; car il faudra meubler les 10 h de
conduite quotidiennes.

Lorsqu'entre deux préparatifs on jette un oeil dehors, on a la chance ces
jours ci de contempler le spectacle de la débâcje qui continue : en effet,
les températures clémentes (4°C ce jour) associées à un vent significatif
(30 nds) on largement entamé le restant de banquise qui reliait DDU à CPD.
Aussi, de grands morceaux de glace sont arrachés et poussés par le vent,
réalisant un immense puzzle, mosaïque de blanc et de bleu nuit, les pièces
blanches étant parfois tachetées de noir lorsqu'une colonie de manchots
adélie y effectue une pause entre deux longueurs de crawl.
Autour de la base, les noombreuses colonies d'adélie voient les poussins
grandir et se verticaliser ; ils sont mainenant robustes, se déplacent
(encore maladroitement), et arrivent à l'épaule de leurs parents ; dans
quelques semaines ils pourront se jetter à l'eau.
Ils sont voraces et cherchent en permanence à glisser leurs becs dans
celui de leur parent pour chaparder quelques nourritures.
De notre côté, on est bien loin d'être aussi affamé car lez repas de
JLouis sont toujours aussi succulents et riches (hier soir : apéritif,
potage maison puis salade puis pommes de terre rissolées et côtes de porc,
plateau de fromages, crèpes grand marnier sucre chantilly, café, digestif
; et c'était un repas plutôt léger).

Je file donc au lit pour digérer le dîne rde ce soir, de la même trempe et
être prêt à enclencher mon clutch demain matin à 8h00.

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