dimanche 3 janvier 2016

EPISODE 1 : so far from you

Samedi 2 janvier 19h45
Les moteurs ronronnent, les jointures grincent, les tiroirs de la pharmacie de
bord tressautent. Le bateau s'est lourdement ébranlé voici 2h bientôt.
Les passagers ont à peine senti la carcasse de métal s'arracher du quai. Les
milliers de tonnes de notre brise glace, l'astrolabe, se sont mis en mouvement
lentement, silencieusement, s'écartant en glissant du quai de la Petroleum
Station du port d'Hobart. Le bateau a progressé mollement sur une mer peu
formée, laissant sur son babord la ville tasmanienne, ses collines et son grand
port de plaisance. Nous y avons vu hier les bateaux de la syndey-hobart, fameuse
course au large, ainsi que ceux du tour du monde à l'envers et en équipage. Une
sacrée flotte de voiliers de course géants.

Nous naviguons donc a 12 Nds sur une mer calme, cap au Sud. Les prochaines 24 h
s'annoncent relativement agréables.

Nous sommes une 15aine de passagers seulement, pour environ autant de marins. Le
bateau est donc à moitié plein ce qui est plutôt agréable. L'ambiance est
décontractée. La plupart des gens ici ont déjà effectué plusieurs séjour
antarctiques ou austraux. Il y a donc finalement assez peu d'effervescence ou
tout du moins est-elle discrète, sans effusion. Nous sommes dans un monde
d'initiés.

Ces derniers 4 jours ont été un très long voyage qui a commencé mercredi 30
décembre au matin. Le RDV fixé par l'IPEV avait lieu à Roissy, terminal 1 à 8h.
Assez sobre somme toute comme directive quand on part pour le pôle sud. Il
fallait donc sur place se livrer à un véritable jeu de piste : d'abord repérer
le terminal d'enregistrement avec comme toute information le nuéro de vol (pas
de destnation fournie), puis découvrir la destination (singapour) sur le tableau
général des départs. Se rendre au terminal et tenter de repérer des gens eux-
mêmes aussi en recherche de leurs collègues. Un voyageur m'apostrophe alors d'un
laconique : "IPEV R2?". Un vrai code en somme. Je réponds par l'affirmative.
Puis en quelques minutes notre groupe de 2 unités grandit, et finalement nous
sommes une 12aine regroupés autour d'une petite dame joviale et discrètemet
replète. Il s'agit en fait de Viviane J, la DRH de l'IPEV. Cette dame, énergique
et très cordiale semble connaître presque toute la troupe. Drôle d'impression de
faire partie d'un groupe où la norme est ce genre d'incroyable périple. Les gens
s'appréhendent vite : "T'étais pas sur Ker 61 ? - Non AMS 59 ! - Ah oui...on
s'est vu à DDU sur R3 l'an dernier ! - Moi j'étais de la 57 à TA..." Langage
taafien s'il en est...

Une fois les présentations effectuées, le troupe se dirige par petits groupes
vers les 1eres étapes du long parcours : enregistrement, check in, salle
d'attente, décollage pour singapour, visite de singapour, lounge, attente, check
in, décollage pour melbourne, 2e nuit dans un avion, arrivée à Melbourne,
douane, re enregistrement, attente, check in, décollage pour Hobart, taxi
collectif, faire tenir tous les sacs, arrivée sur le quai à Hobart et enfin
découvrir l'astrolabe. S'échouer dans sa cabine...euh non car il faut encore
découvrir le petit hôpital de bord et le prendre en main.

L'après midi de samedi sera consacrée  a se détendre les guiboles dans les rues
d'Hobart, se restaurer (fish and chips...) contempler les nombreux bateau de
course.
Puis on se retrouve un peu par hasard dans un petit parc où de nombreux stands
ont été érigés pour le nouvel an, des jeux pour enfants, des ateliers
créatifs...pour notre part on a juste la force de se vautrer sur un des
innombrables poufs multicolores qui jonchent la grande pelouse
centrale...quelques secondes plus tard, nous voici tous les 5 de notre groupe
à piquer du nez sévèrement dans un sommeil profond. Je serai réveillé
brusquement par de puissantes cornemuses : où suis je ? quel jour sommes nous ?
qui sont ces gens ? dans quel état j'erre ? surprenant réveil...
Il s'agit d'un concert donné pour le nouvel an devant un parterre d'australiens
venus en famille...

La soirée à bord sera courte, chacun songeant surtout à aller dormir. Pour moi
je commande une bonne dose de sommeil et me lèverai samedi matin après une
12aine d'heures d'une nuit profonde et sans rêve.

Bonne année 2016 à tous.
A bientôt pour l'épisode 2 : les premiers jours de mer !

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